Automatisation des ateliers : imaginer l’infrastructure avant les algorithmes

Automatiser tout ce qui peut l’être dans l’industrie constitue aujourd’hui l’objectif de nombreuses entreprises. Elles investissent dans les robots collaboratifs, l’IA, etc. Tout cela est évidemment beau en théorie, mais la réalité est bien différente dans les ateliers. Certains projets ne voient jamais le jour à cause d’une mauvaise organisation avant leur implémentation. L’intelligence artificielle n’est pas la solution à tous les problèmes. Elle ne se substitue pas aux mauvais postes de travail. Avant d’écrire du code ou d’automatiser vos processus, la construction et la structuration s’imposent.

Les obstacles de l’automatisation en atelier


Le premier faux pas concerne les concepts. S’imaginer que le logiciel est la base d’un processus d’automatisation est une grave erreur. Les entreprises sont malheureusement nombreuses à investir dans le digital sans une consolidation de leurs méthodes de production. Il en découle une automatisation des dysfonctionnements à grande échelle. Évidemment, la productivité opérationnelle ne suit pas la cadence.

Négliger les réalités présentes sur le terrain comme la configuration des établis de travail est une autre erreur. Les ingénieurs procèdent à la conception de dispositifs dont la performance est élevée en théorie. Dans les faits, cela ne correspond pas aux défis physiques connus en atelier. Ils équivalent généralement à :

  • Un mauvais positionnement des câbles ;
  • Un encombrement des espaces de circulation ;
  • Une inadaptation des postes de travail ;
  • Etc.

Dans ces conditions, l’automatisation n’est pas couronnée de succès. L’autre erreur qui entraine de grosses pertes est l’absence d’un plan d’ensemble. L’automatisation isolée sans aucune considération de la chaine de valeur suscite des goulots d’étranglement technologiques. N’oubliez pas que l’objectif n’est pas de multiplier des machines intelligentes dans un atelier automatisé.

La fonction clé de l’établi de travail


Une négligence s’observe à ce niveau, mais tout projet d’automatisation doit se hisser à la même hauteur que l’utilisateur. Vous n’êtes pas sans savoir que l’établi constitue le centre opérationnel de multiples ateliers. Ceux qui ont fait l’objet d’une modernisation à toutes les étapes n’échappent pas à ce principe. C’est l’établi de travail qui permet de faire les réglages requis, les vérifications et les interventions humaines nécessaires à la bonne marche des automatisations.

Une mauvaise conception de l’établi entraine des pertes de temps causées par l’inutilité de certains gestes. L’épuisement et les erreurs s’en mêlent. Par contre, une bonne réalisation de l’établi accroît la clarté des opérations et la qualité des données collectées. Ces dernières peuvent ensuite être redirigées vers des dispositifs numériques. Le moindre détail a son importance dans ce contexte : adaptation des hauteurs, optimisation des surfaces, etc.

Dans une dynamique d’automatisation, l’établi se change en point de contact entre l’humain et la machine. Il organise les tâches, garantit les processus et simplifie l’inclusion graduelle des technologies de pointe. Dit autrement, l’établi balise le terrain avant l’entrée en scène de l’intelligence artificielle.

L’automatisation d’un atelier n’équivaut pas à l’empilement des technologies modernes. Le but est plutôt d’ériger une base industrielle en accord avec les projets envisagés. Cela passe par une bonne organisation des tâches, une meilleure répartition des postes et le déploiement d’infrastructures physiques. Ces différentes fondations augmentent les chances de réussite d’un processus d’automatisation. Penser l’infrastructure avant les algorithmes est une belle façon de privilégier l’expérience industrielle.